L’industrie du taxi consulte ses membres

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Québec, le 18 avril 2019 – Les représentants de l’industrie du taxi consultent leurs membres au cours des prochains jours pour déterminer les actions à poser à court terme. La compensation annoncée, sans consultation, par le ministre des Transports est perçue à la fois comme très importante et très insuffisante.

L’industrie tient à rappeler quelques faits :

  • Les permis de taxi ont une valeur de 1,3 milliard de dollars en 2014, à l’arrivée illégale d’Uber au Québec, selon la Commission des transports du Québec ;
  • La compensation basée sur la valeur d’acquisition du permis, par opposition à sa valeur marchande, fait en sorte que des milliers de travailleurs âgés se verront retirer leur fonds de pension et devront vivre une retraite dans la pauvreté et la précarité, alors qu’ils avaient investi dans un permis émis et exigé par l’État pour éviter cette situation. C’est comme si on vous expropriait et qu’on vous donnait la valeur de votre maison en 1990, en disant que vous avez « spéculé » ;
  • Plusieurs points restent à éclaircir. Si on retire les permis maintenant et qu’on les rembourse entièrement dans cinq ans, qui payera les intérêts sur la dette pendant ces cinq années ? Les travailleurs du taxi devront-ils entrer dans un marché nouvellement déréglementé en traînant un injuste boulet imposé par l’État ? Ce ne serait pas là la création d’un marché réellement équitable et l’État favoriserait, une fois de plus, la multinationale Uber.
  • Les travailleurs du taxi n’ont pas demandé d’être expropriés. Il s’agit d’une décision unilatérale du gouvernement à la demande d’Uber. Dans ce contexte, les taxis ne voient pas pourquoi l’État leur impose un rabais arbitraire de 41 % sur la valeur de leur permis. De plus, les taxis ne souhaitent pas que les contribuables ou les clients du taxi paient les compensations. Ils estiment que c’est au joueur qui bouscule sans respect les règles de payer, Uber, qui en a largement les moyens ;
  • Indépendamment de toute compensation, la question de la pérennité de l’industrie du taxi demeure. Comment, si tout le monde peut faire du taxi, survivront les gens qui ont fait du taxi leur métier ? Sont-ils condamnés au chômage et pire ? Si le gouvernement ne souhaite pas payer la pleine valeur des permis de taxi, peut-il garantir des secteurs d’activité exclusifs aux taxis ? Le transport adapté, par exemple, est totalement absent du projet de loi 17. Ce type de service et d’autres, qui requièrent une formation que seuls les taxis ont, pourraient être réservés aux taxis. Ainsi, le gouvernement offrirait mieux qu’un chèque caduc, il offrirait un gagne-pain.

Les représentants de l’industrie devraient annoncer mercredi les gestes qu’ils poseront dans les jours suivants. D’ici là, les travailleurs du taxi, passablement ébranlés dans les dernières semaines, sont invités à profiter du congé pascal en famille et à prendre un repos amplement mérité.

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À propos de l’industrie du taxi

L’industrie du taxi du Québec compte environ 9000 détenteurs de permis de taxi et 12 000 chauffeurs. Collectivement, les permis de taxi valaient, en décembre 2014, au moment de l’arrivée d’Uber au Québec, 1,3 milliard de dollars selon les chiffres de la Commission des transports du Québec. Le projet de loi 17 détruit le gagne-pain de tous ces travailleurs, puisqu’aucun d’entre eux ne nous pourra en vivre lorsque l’industrie sera déréglementée. Ce communiqué est envoyé au nom de l’AHTT, l’ATRQ, du CPCDIT, du RITQ, du RTAM et des TGM.