Les nouveaux moyens de pression culmineraient au Grand Prix du Canada

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Montréal et Québec, le 29 mai 2019 – L’étude détaillée, article par article, du projet de loi 17 commencera vraisemblablement demain. Les taxis du Québec vont surveiller de très près le début de cette nouvelle étape en route vers l’adoption du projet de loi 17.

« Jusqu’à maintenant, le ministre des Transports a adopté une attitude “crois ou meurs” par rapport à son projet de loi. Tous ceux qui ont expliqué les aspects désastreux de cette déréglementation ont été accueillis très froidement par le ministre, qui a souvent préféré s’enfermer dans une idéologie pro-Uber difficilement justifiable et nullement appuyée par les faits. Nous prêterons une très grande attention à l’étude détaillée dans l’espoir qu’il ait compris la justesse de certaines critiques importantes. S’il persiste à maintenir les aspects le plus destructeurs de son projet de loi, nous reprendrons les moyens de pression, qui vont culminer au Grand Prix du Canada, » expliquent Michel Aboujaoudé, François Cyr, Abdallah Homsy et Serge Lebreux, porte-parole de l’industrie du taxi.

Au cours des dernières semaines, les taxis ont été relativement silencieux, pour laisser place à la réflexion et l’analyse. S’il s’avère que le ministre n’apporte aucun changement majeur à son projet de loi, les taxis sauront qu’ils n’ont plus rien à perdre. Les critiques du projet de loi 17, en commission parlementaire, ont été, notamment, la Ville de Montréal, les utilisateurs du transport adapté, toutes les organisations de taxi, la FTQ, le Bureau du Taxi de Montréal et le Mouvement Desjardins.

Ces critiques ont dit au ministre des Transports que :

  • L’abolition du cadre actuel est inutile, néfaste, que la modernisation du taxi peut s’opérer à l’intérieur du système actuel et donc permettre à l’État d’économiser des centaines de millions $ ;
  • La valeur des permis de taxi est de 1,3 milliard $ et que toute compensation pour expropriation en deçà de cette somme serait injuste et injustifiable ;
  • Les contribuables n’ont pas à payer pour cette déréglementation qu’ils n’ont pas demandée. C’est à Uber et aux nouveaux joueurs de payer. Ils en ont largement les moyens ;
  • Le projet de loi ne contient aucune mesure sur le transport adapté et constitue un recul pour des milliers de personnes handicapées ;
  • La déréglementation va apporter plus de bouchons de circulation, surtout à Montréal, comme c’est le cas actuellement à New York et à San Francisco ;
  • La déréglementation va augmenter l’émission de GES parce qu’elle met en faillite des entreprises munies de véhicules hybrides pour les remplacer par des milliers de quidams qui feront du transport rémunéré avec leur voiture à essence personnelle ;
  • Le projet de loi 17 mène à la destruction du métier de chauffeur de taxi pour le déplacer vers l’amateurisme. Le projet de loi poussera vers la faillite, l’endettement et la précarité les 22 000 familles actuelles du taxi, en plus de tous les milliers de chauffeurs d’Uber qui travailleront pour des salaires de misère ;
  • L’ouverture à Uber constitue un recul parce qu’elle invite les multinationales à ignorer nos lois et à venir prendre les capitaux du Québec pour les envoyer dans les paradis fiscaux.

« Jusqu’à maintenant, les taxis ont été plutôt patients, en espérant que le gouvernement verrait lors des consultations parlementaires à quel point son projet de loi pro-Uber est néfaste. L’étude détaillée du projet de loi 17, notamment de l’article 1 qui abolit les quotas et les territoires, sera le moment pour le gouvernement de démontrer l’ouverture et l’écoute dont il se vante depuis des mois. S’il n’y a aucun changement profond, les taxis vont devoir prendre des moyens plus importants. Le gouvernement ne leur donnera plus le choix en détruisant sciemment leur industrie au bénéfice d’une multinationale sans foi ni loi, » concluent les porte-parole.

Les taxis demandent au gouvernement, par transparence, de déposer tous les amendements proposés dès le début de l’étude détaillée.

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À propos de l’industrie du taxi

L’industrie du taxi du Québec compte environ 9000 détenteurs de permis de taxi et 12 000 chauffeurs. Collectivement, les permis de taxi valaient, en décembre 2014, au moment de l’arrivée d’Uber au Québec, 1,3 milliard de dollars selon les chiffres de la Commission des transports du Québec. Le projet de loi 17 détruit le gagne-pain de tous ces travailleurs, puisqu’aucun d’entre eux ne pourra en vivre lorsque l’industrie sera déréglementée. Ce communiqué est envoyé au nom de l’ATRQ, du CPCDIT, du RITQ et des TGM.