Le processus législatif ne devrait pas être une profession de foi

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Québec, le 8 mai 2019 – Hier et encore aujourd’hui, plusieurs organisations liées aux taxis se suivent en commission parlementaire et tiennent toutes le même propos : le projet de loi 17 est trop incomplet et précipité pour être appuyé. Invariablement, la réponse du ministre se résume généralement à « ne vous inquiétez pas, ça va bien aller, on va tout corriger par règlement ». Les règlements en question ne sont pas écrits, ne peuvent être lus et encore moins approuvés ou critiqués. De plus, un règlement ne pourra jamais aller à l’encontre du principe d’une loi.

« Le projet de loi 17 ne contient pas une seule ligne sur le transport adapté, sur la rentabilité des travailleurs du taxi, sur les vérifications mécaniques des véhicules… Mais nous devrions l’appuyer parce que le ministre a de bonnes intentions ? Le processus législatif ne devrait pas être une profession de foi. Nous nous prononçons sur le texte placé devant nous, pas sur des désirs ministériels intangibles. Actuellement, le projet de loi 17 permet tous les abus et ne protège aucunement les taxis. Qu’arrivera-t-il si le ministre actuel est victime d’un malaise ? Si le premier ministre décide de lui donner un autre poste ? Les taxis ne seront pas protégés, un point c’est tout, » expliquent Michel Aboujaoudé, François Cyr, Abdallah Homsy, Wilson Jean-Paul et Serge Lebreux, porte-parole de l’industrie du taxi.

Les représentants de l’industrie tiennent à rappeler qu’ils ont connu quatre ministres des Transports en quatre ans sous le gouvernement précédent.

« Le ministre veut rassurer l’industrie ? Il n’a qu’une seule façon de le faire : qu’il mette par écrit les points qu’il entend ajouter afin que les taxis puissent juger de propositions réelles et concrètes. Une industrie de 22 000 personnes ne peut donner son accord sur de simples vœux. Entre temps, il devrait freiner la progression de son projet de loi trop permissif et indéfini. Il n’y a pas d’urgence à détruire un système de 1,3 milliard $, » concluent les porte-parole.

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À propos de l’industrie du taxi
L’industrie du taxi du Québec compte environ 9000 détenteurs de permis de taxi et 12 000 chauffeurs. Collectivement, les permis de taxi valaient, en décembre 2014, au moment de l’arrivée d’Uber au Québec, 1,3 milliard de dollars selon les chiffres de la Commission des transports du Québec. Le projet de loi 17 détruit le gagne-pain de tous ces travailleurs, puisqu’aucun d’entre eux ne pourra en vivre lorsque l’industrie sera déréglementée. Ce communiqué est envoyé au nom de l’ATRQ, du CPCDIT, du RITQ et des TGM.

Photo (c) Philippe Boivin (www.philboivinphoto.com)