Le gouvernement offre une prestation de décès bonifiée mais vise toujours à tuer l’industrie québécoise du taxi

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Montréal, le 15 avril 2019 – Les représentants de l’industrie du taxi estiment que la nouvelle proposition du ministre des Transports, à propos des compensations liées à la destruction de leur industrie, se résume simplement : le ministre bonifie sa prestation de décès, mais tient quand même à tuer l’industrie québécoise du taxi.

« La proposition du ministre revient à dire que nous aurons de meilleures funérailles, mais qu’il va quand même tuer l’industrie du taxi pour faire plaisir à Uber, » résume Abdallah Homsy, porte-parole de l’industrie du taxi.

Plusieurs éléments de cette proposition sont inacceptables pour les travailleurs du taxi :

  • La somme offerte ne représente que 59 % de la valeur marchande des permis de taxi. Cela revient donc à voler 530 M$ des poches de familles modestes qui se sont conformées à toutes les exigences de l’État ;
  • La proposition pénalise particulièrement les propriétaires de permis qui ont acquis un permis il y a plus d’une décennie et qui ont cru au système créé par l’État. Pour ces travailleurs, c’est leur fonds de pension qu’on se propose de voler.
  • Les redevances sur chaque course s’appliqueront sans distinction aux taxis et aux autres transporteurs. Cela revient à dire que les taxis vont payer pour leurs propres compensations. Cette proposition n’a aucun sens puisqu’ils sont sensés être compensés et non se faire un prêt à eux-mêmes sur six ans.
  • La proposition ne règle en rien les conséquences du décontingentement qui multipliera le nombre de concurrents par 100 ou 1000 et qui rendra impossible pour un artisan de gagner sa vie dignement dans le taxi.

« Cette proposition envoie toujours l’industrie du taxi à sa mort et 22 000 familles au chômage ou pire, au bénéfice d’une multinationale sans foi ni loi. C’est toujours tout autant inacceptable. Et le ministre dit qu’il manque d’argent pour payer la valeur marchande. Qu’il fasse preuve d’un peu de courage et qu’il confronte Uber au lieu de s’en prendre à des familles en règle. Il pourrait aussi exiger qu’Uber rembourse les taxes usurpées en 2015 et 2016, au lieu de refiler la facture aux contribuables et aux taxis, » conclut monsieur Homsy.

Les représentants de l’industrie sont particulièrement irrités que le ministre fasse une telle annonce médiatique alors qu’il sait qu’une rencontre avait lieu ce matin au sujet de projet de loi 17. L’attitude du ministre tend encore une fois à jeter de l’huiler sur le feu.

Au cours des prochains jours, les représentants de l’industrie consulteront leurs membres afin de déterminer les actions à poser et s’il est nécessaire d’aller vers des moyens de pression plus radicaux pour faire entendre raison à un gouvernement qui poursuit sa route vers des mesures inhumaines.

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À propos de l’industrie du taxi

L’industrie du taxi du Québec compte environ 9000 détenteurs de permis de taxi et 12 000 chauffeurs. Collectivement, les permis de taxi valaient, en décembre 2014, au moment de l’arrivée d’Uber au Québec, 1,3 milliard de dollars selon les chiffres de la Commission des transports du Québec. Le projet de loi 17 détruit le gagne-pain de tous ces travailleurs, puisqu’aucun d’entre eux ne nous pourra en vivre lorsque l’industrie sera déréglementée. Ce communiqué est envoyé au nom de l’AHTT, l’ATRQ, du CPCDIT, du RITQ, du RTAM et des TGM.