Le bulldozer à toute vitesse pour raser l’industrie du taxi

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Québec, le 3 avril 2019 – Selon toute vraisemblance, le gouvernement de François Legault annoncera dans les prochaines heures qu’il devance de façon très extraordinaire les commissions parlementaires sur le projet de loi 17 qui détruit l’industrie québécoise du taxi, anéantit un investissement local de 1,3 milliard de dollars et sous-traite à Uber le gagne-pain de 22 000 familles. Le ministre annoncera que les travaux débutent la semaine prochaine, le 9 avril, avant même l’étude des crédits budgétaires.

« Pour nous, c’est une insulte de plus, » explique Abdallah Homsy, porte-parole de l’industrie du taxi. « Il nous demande d’être de bonne foi et de dialoguer pendant qu’il avance à toute vitesse avec son bulldozer pour écraser notre industrie et nos milliers de familles. C’est une déclaration de guerre contre des familles qui se sont correctement pliées aux exigences de l’État. Il ne comprend pas la détresse et le désespoir qu’il crée. Il sera seul à en assumer les conséquences. Son comportement n’est pas digne d’un homme d’État. Il nous force à être dans la rue. C’est là que ça va se jouer, malheureusement pour les citoyens. »

Encore lundi, les représentants de l’industrie ont participé à une rencontre de six heures avec le ministère des Transports pendant lesquelles les fonctionnaires avaient un mandat clair : ne parler que des compensations. Les représentants de l’industrie estiment qu’il s’agit là d’une stratégie claire pour faire éclater la coalition des taxis en les amenant à s’entredéchirer pour les miettes offertes. Les chiffres de la Commission des transports démontrent que la valeur des permis de taxi est de 1,3 milliard de dollars.

« Le ministre Bonnardel a totalement oublié que derrière ses lois, il y a des humains et des familles en règle qu’il envoie sans aucuns remords à la faillite. Nous avions demandé une petite pause de deux semaines pour calmer le jeu et entreprendre un dialogue réellement constructif, sans menace constante de destruction. Il est maintenant absolument clair que le ministre est totalement sourd et avance de façon idéologique. Il entend sacrifier 22 000 familles sur l’autel du libre marché pour assouvir la soif d’Uber, » ajoute monsieur Homsy.

Le gouvernement du Québec force maintenant tous les taxis du Québec à manifester et à se faire entendre dans la rue. Ils n’ont plus rien à perdre. Leur propre gouvernement entend les détruire parce qu’ils ont suivi les règles de l’État.

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À propos de l’industrie du taxi

L’industrie du taxi du Québec compte environ 9000 détenteurs de permis de taxi et 12 000 chauffeurs. Collectivement, les permis de taxi valaient, en décembre 2014, au moment de l’arrivée d’Uber au Québec, 1,3 milliard de dollars selon les chiffres de la Commission des transports du Québec. Le projet de loi 17 détruit le gagne-pain de tous ces travailleurs, puisqu’aucun d’entre eux ne nous pourra en vivre lorsque l’industrie sera déréglementée. Ce communiqué est envoyé au nom de l’AHTT, l’ATRQ, du CPCDIT, du RITQ, du RTAM et des TGM.

Photo : PC